OPAS Natixis : c’est fait !

, par  UNSA BPCE

Rappelons l’objectif : pour obtenir le retrait de la cote de Natixis, il fallait racheter suffisamment d’actions détenues par les actionnaires minoritaires afin d’atteindre dans un premier temps le seuil de 90% d’actions détenues pour pouvoir, dans un deuxième temps, lancer une procédure de retrait obligatoire. C’est officiel, l’objectif est atteint ! Le retrait se fera vraisemblablement (c’est une quasi certitude) sur la base du même prix que l’offre initiale.

Une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

C’est une bonne nouvelle dans la mesure où un échec de l’opération aurait "fait désordre". Un tel échec n’aurait pas permis de lever les contraintes pesant sur le Groupe du fait de la cotation de Natixis, tout en limitant les avantages potentiels de cette cotation à la portion congrue. Et elle aurait constitué pour Laurent Mignon, sans doute, un échec personnel rendant plus difficile, voire impossible, la poursuite de son action à la tête du Groupe. A l’inverse, on peut penser qu’il ressort renforcé du succès de cette opération, qui va donc permettre le retrait de la cote.

Mais quel est l’impact pour les salariés de ce retrait ?

La première conséquence est évidente, et elle est loin d’être négligeable : les quelque 30% de dividendes qui étaient auparavant distribués aux actionnaires minoritaires resteront désormais dans le Groupe, ce qui lui donnera des capacités d’investissement accrues. Et pour le RNPG (Résultat Net Part du Groupe, qui est un des critères de calcul de l’intéressement), c’est très positif !

On peut espérer aussi que ce retrait permettra de se soustraire dans une certaine mesure à la "tyrannie du court terme" et d’actionnaires dans l’attente de dividendes toujours plus élevés, qui conduisait à ne s’intéresser qu’à des projets à la rentabilité quasi-immédiate, au détriment de projets potentiellement plus intéressants, mais à long terme. Cela se heurtera toutefois à une limite car même sans être coté, le Groupe restera bien évidemment soumis à l’évaluation des agences de notation, qui détermine le coût de son refinancement.

On pourrait donc penser que le retrait de la cote est une bonne nouvelle...

Gardons toutefois à l’esprit que le Groupe était venu en bourse au milieu des années 2000 afin, notamment, de trouver des moyens de financer son développement. Cela n’a jamais pu être le cas à cause de la crise des subprimes de 2008 et de la baisse de la valorisation des banques qui en a découlé jusqu’à aujourd’hui.

Rien ne dit cependant qu’à l’issue d’une nouvelle crise (sanitaire cette fois, mais dans laquelle les banques auront joué un rôle plutôt positif), la valorisation de ces dernières ne va pas repartir à la hausse pour les 10 ou 15 ans qui viennent ! Dans cette hypothèse, le Groupe n’en bénéficierait pas et ne tirerait donc aucun avantage concurrentiel de ce retrait de la cote, bien au contraire, après en avoir subi tous les inconvénients sur les 15 dernières années.

Il n’est pas non plus certain qu’à l’international, le Groupe bénéficiera de la même crédibilité en n’étant plus coté, ce qui limitera peut être les possibilités d’acquisitions ou de partenariats (même si jusqu’à présent, les réussites de BPCE à l’international se comptent sur les doigts d’une main).

Un pari risqué, donc... Espérons, pour le bien des salariés, que ce sera un pari réussi.

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