Laurent Mignon : un capitaine qui abandonne le navire au milieu du gué ?

, par  UNSA BPCE

La nouvelle est tombée ce week end, juste après un Conseil de surveillance exceptionnel le vendredi précédent : Laurent Mignon a souhaité quitter le Groupe pour donner un nouveau tour à sa carrière. Il serait vain d’émettre des hypothèses quant aux réelles motivations de ce départ, qui nous importent peu. En revanche on peut dresser le bilan de son action à la tête du Groupe et, surtout, s’inquiéter des mois et années à venir...

Les quatre années passées par Laurent Mignon à la tête du Groupe auront été marquées par un revirement stratégique de grande ampleur. Abandon de la stratégie digitale initiée par François Pérol au profit d’une stratégie "digital inside" ayant l’aval des Banques et des Caisses, transfert des activités SEF, Paiements et Assurances de Natixis vers BPCE avec la constitution de la Communauté BPCE, rapprochement des informatiques retail I-BP et ITCE au sein de BPCE SI, fermeture du Crédit Foncier, prise de contrôle de ONEY, cession de BIMPLI à SWILE et volonté de faire de BPCE un acteur important de la banque de détail en Europe : en quatre ans, c’est pas mal ! Avec, au sortir de la crise sanitaire, des résultats 2021 qui sont, à ce jour, les meilleur enregistrés par le Groupe.

En homme de marché avisé, Laurent Mignon part donc au plus haut*... et on ne peut qu’espérer que la capitaine n’abandonne pas un navire sur le point de couler, car avec le retour de l’inflation, la remontée des taux, un conflit en Ukraine qui risque de s’éterniser et des conflits sociaux qui pourraient prochainement éclater en France, la météo apparaît comme très incertaine et la tempête n’est pas loin.

Qui le remplacera ? Peut-être est-ce déjà décidé, même si un appel à candidature vient d’être fait. Il y a quatre ans, François Pérol avait passé le relais à Laurent Mignon... mais ce dernier semble partir de manière peut-être un peu précipitée et sans avoir assuré sa succession. L’interne devrait être privilégié, mais qui en interne possède la compétence pour le remplacer ?

Et surtout, quelle sera demain la stratégie de ce nouveau dirigeant ? Changer de cap trop souvent, pour un navire comme le nôtre, n’est pas chose aisée et risque surtout d’être dévastateur pour les collaborateurs, qui sont toujours les premiers impactés. On aimerait donc croire que son successeur poursuivra la stratégie engagée par Laurent Mignon, qui n’a pas encore produit tous ses effets, avec un plan stratégique qui doit se poursuivre jusqu’en 2024 et des collaborateurs qui doivent encore, pour ce qui concerne BPCE, Natixis et la Communauté, "digérer" les mouvements qu’ils ont subi.

Bien entendu, le successeur ne manquera pas de nous dire tout le bien qu’il pense de Laurent Mignon et de sa stratégie, ni de nous rassurer en promettant qu’il la poursuivra... sans doute pour faire l’inverse dans les mois qui suivront. On connaît la musique.

On peut toutefois espérer, en cette période d’inflation forte, qu’il aura une autre vision que celle de Laurent Mignon en matière de politique de rémunération ! On comprend d’ailleurs mieux, désormais, pourquoi le Groupe n’a fait aucun geste vis à vis de ses salariés en juillet, à la différence du Crédit Agricole et du Crédit Mutuel qui, eux, gardent leur patron ! Laurent Mignon avait sans doute mieux à faire que de se préoccuper de vous. Et après lui, le déluge...

* C’est tout de même mieux qu’un François Pérol parti en laissant une ardoise d’un demi-milliard d’euros avec Fidor...

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