NAO Communauté : décryptage

, par  UNSA BPCE

Retour sur les Négociations Annuelles Obligatoires de la Communauté BPCE et sur la proposition d’accord que l’UNSA a décidé de ne pas signer.

Cela avait mal commencé, la direction étant arrivée avec une proposition d’augmentation de 0,5%, uniquement pour les salaires inférieurs à 36 K€.
Pour BPCE SA, évidemment, très peu de salariés auraient "bénéficié" de cette augmentation. Mais même au niveau de la Communauté, elle n’aurait concerné qu’un faible pourcentage de salariés.

Et, pire encore, l’augmentation proposée ne comportait même pas de plancher, ce qui est pourtant habituellement le cas. Car pour les salaires les moins élevés, c’est la double peine : non seulement le pourcentage (0,5) est très faible, mais comme il est appliqué à un montant faible, il en résulte une augmentation d’à peine quelques euros, ramenée en net mensuel !

Quel était l’enjeu ? Si on en croit la direction, 1 000 salariés de la Communauté auraient bénéficié de cette augmentation. Même en supposant que les 1 000 soit à 36 K€ (ce qui est loin d’être le cas), le coût total de cette mesure salariale aurait représenté 1 000 x 0,5% x 36 K€ soit 180 000 euros, au niveau de la Communauté ! Soit une somme nettement inférieure à la part variable d’un seul de nos dirigeants...

Finalement, dans sa grande bonté, la direction a consenti à aller jusqu’aux salaires de 42 K€. Mais toujours sans plancher. Tout cela au motif que le coût du risque a augmenté et que l’inflation est nulle.

Mais si le coût du risque a augmenté, il a été provisionné dans les comptes du Groupe. Et en dépit de cela, les résultats récemment publiés font état de résultats certes en baisse, mais encore largement bénéficiaires.
Quant à l’inflation, c’est un comble de voir la direction avancer cet argument, alors qu’elle a toujours refusé d’entendre nos demandes de prendre en compte l’inflation lorsque celle-ci était positive !

Oui, la crise sanitaire actuelle est exceptionnelle. Mais dans ce cas pourquoi Laurent Mignon dit-il aux salariés dans son message du 11 février que " Ces résultats annuels témoignent de notre capacité à absorber les premiers impacts de la crise actuelle", que "La façon dont nous avons géré cette crise et ses conséquences est d’autant plus remarquable que, en parallèle, nous avons réalisé des avancées importantes pour nos clients", et que "Mieux que résister, il (le Groupe) continue d’aller de l’avant et s’avère en pleine capacité d’accompagner la reprise économique" ?
Pourquoi dire que "Toutes nos équipes, dans toutes les entreprises du Groupe, ont été au rendez-vous et à la hauteur de cette situation totalement inédite" si c’est pour les remercier de cette manière ?

Il reste à voir maintenant ce que les entreprises de la Communauté vont décider. En effet, même si aucun accord n’est trouvé avec les organisations syndicales, rien ne les empêche, chacune pour ce qui la concerne, de décider d’une mesure salariale unilatérale. Il sera intéressant de voir si les directions en profitent pour réaliser une "année blanche" en n’augmentant personne...

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